« Ce qui nous lie », ce film si beau et bouleversant

Il y a de ces films qui nous envoûtent, qui nous emportent et nous transportent encore longtemps après la fin. « Ce qui noue lie » en fait partie. Je suis dans le métro, à Concorde, j’écris maintenant tant je suis bouleversée et émue. J’ai cette sensation si agréable après la vision d’un film, celle qu’on ne connait que dans ces moments-là. On est lundi, le film sort dans deux jours et j’ai la chance de l’avoir vu ce soir. Pour rien au monde je n’aurais raté cette projection. Parce que les films de Cédric Klapish m’ont toujours émue. Parce que cette fois, il n’a pas fait dans l’urbanisme mais dans la campagne, avec Pio Marmaï et François Civil. Et puis il y a Ana Girardot qui s’est parfaitement greffée au duo si complice. Tout ceci composait mon envie, ma grande attente.
Ce film est si fort. Entre rires et larmes, émotion et incompréhension parfois. Un film beau, simplement beau. Et c’est si rare de dire cela d’un film. Une histoire de famille comme beaucoup, qui nous parle à tous, qu’on soit issu d’une petite ou d’une grande fratrie, qu’on ait connu le deuil, l’enfer d’une succession, le soutien indescriptible de certains et l’intérêt malhonnête des autres. Mais « Ce qui nous lie » est avant tout une histoire de fratrie, les liens du sang, ces liens qu’on veut tous maintenir coute que coute, bien qu’on grandisse et qu’on change, bien qu’on constitue nos propres familles par la suite. À travers ce film il y a ces anecdotes qu’on connait bien et celles qui nous rappellent d’autres histoires. Le tout renforcé par une multitude de symboles, d’images poétiques, d’une musique envoûtante (la bande originale est exceptionnelle et nous maintient dans son univers).

Et puis j’ai aimé cette dose féministe, parfaitement amenée, où Ana Girardot prend le pouvoir dans ce monde masculin, ainsi que cette bienveillance fraternelle qu’on tente de maintenir à l’âge adulte et qui semble parfois si compliquée à transmettre ou à obtenir. « Ce qui nous lie », c’est aussi la preuve que l’enfance reste en nous, qu’elle nous suit à vie et que les joies restent, comme les traumatismes et les idées reçues. Dans le film, Pio Marmaï dit que son père n’en a jamais eu rien à faire de lui. Une pensée qu’on a tous eu par moment lorsqu’on était indécis ou torturés, ou forcés de suivre un chemin de vie qui n’est pas le nôtre, lorsqu’on se pose un milliard de questions et qu’on n’attend qu’une chose : la reconnaissance paternelle qui nous éclaire instantanément. « Ce qui nous lie » c’est bien sur la notion du père, sa force, parfois ses exigences, et ce qu’il laisse derrière lui. Ce qu’il rêve de transmettre et ce qu’il advient vraiment parce qu’on ne peut aller a l’encontre de l’émancipation de son enfant, de son caractère, de ses choix et de son épanouissement. « Ce qui nous lie », c’est aussi la relation aussi franche que difficile entre frères et sœurs, parsemée de culpabilité, de protection, de dévotion en fonction de l’ordre dans lequel on est né.

« Ce qui nous lie » c’est la force de la nature, des vignes à l’humain, la beauté des choses simples et si pures, les événements qu’on ne peut éviter et qui changent un ou plusieurs destin.
« Ce qui nous lie » m’a bouleversée tant il est chargé de vérité. Parce que Klapisch, parce que Pio Marmaï et Francois Civil. Parce que Ana Girardot. Parce que les vignes, la campagne, la beauté évolutive de la nature. Parce que la musique douce et intense de Camélia Jordana. Parce que la poésie qui nous prend de l’intérieur jusqu’à ne plus nous quitter. Parce que ces images qui parlent d’elles-mêmes. Parce que ce bien-être associé à la vive émotion. Parce que la vie. « Ce qui nous lie », c’est la vie sous toutes ses formes. À voir absolument.

(La photo de l’article n’a rien à voir avec le sujet, mais c’est la première image que j’ai vue en sortant de la projection. Loin des vignes, en plein dans l’urbanisme habituel de Klapisch, la vue sur l’arc de triomphe dégageait une lueur d’espoir. Celle qui dit que rien n’est perdu en famille, si et seulement si tout le monde décide d’y mettre du sien.)

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