Décompresser, parce qu’il n’y a rien de grave

C’est la phrase que j’essaie de me dire 10 fois par jour en ce moment. Parce qu’à la fin de l’année, j’avais décidé d’adopter une « slow life » après un épuisement total. Je m’y suis tenue. Un petit mois. Avant que tout reprenne de plus belle. Alors début mars, j’ai voulu reprendre cette slow life, faite uniquement de repos, de zenitude, de retrouvailles en amis et en amoureux et de sport et bien-être.
J’avais perdu cette optique car mon travail fait que souvent, j’assiste à des événements le soir (projections ciné pour la presse, événements qui correspondent à mes rubriques, interviews, …). Il suffit que j’en ai deux ou trois par semaine pour que je n’arrive plus à avoir un soir de libre, entre le travail, le sport, les sorties. Ca fait des week-end courts, trop courts, et des semaines qui filent. Autre détail important : à cela se greffe la préparation au mariage, donc j’ai oublié ce qu’était le temps libre.
Deux mois après une explosion psychologique, j’ai de nouveau « explosé », fin février. La fatigue, le temps de rien, la lassitude de voir les jours s’enchaîner sans que j’arrive à en profiter vraiment. Et puis les questionnements : « Et si c’était ça être vraiment adulte ? / est-on « obligé » d’être débordé ? / être débordé, est-ce ça la normalité ? / comment font les gens qui ont des enfants, car moi, sans, je n’en m’en sors pas. À cette dernière question que j’ai posé à ma mère, elle m’a répondu : « quand tu as des enfants, tu revois tes priorités. »

Apres ces mots, j’ai voulu revoir mes priorités dès maintenant, pour stopper ce sentiment de la vie qui m’échappe, pour cesser toute frustration à base de « j’aurais bien fait ça ce soir, mais à cause d’une avant-première ciné, j’ai pas pu ». Il y a quelques jours j’ai explosé. La pression au travail mêlée à la pression du mariage, ça faisait un peu beaucoup à la fois. La pression ok, mais pas partout en même temps. C’est malheureusement ce qui s’est passé, m’entraînant dans une petite angoisse, une angoisse accentuée par le fait que je suis réceptive au stress des autres. Je me suis transformée en boule de nerfs qui ne parle que des mêmes choses, qui s’énerve, qui ressasse. Je me suis sentie divaguer et devenir agaçante, alors j’ai eu envie de souffler, de couper.

Ce jeudi, ayant un rendez-vous chez Laure de Sagazan, j’avais posé mon après-midi. Arrivée au bout du bout, sur un coup de tête, j’ai décidé de finalement poser le jeudi entier, puis le vendredi. Un week-end de quatre jours m’était nécessaire pour m’aérer l’esprit, réfléchir, me répéter qu’il n’y a rien de grave, que tout roule, que les ondes négatives ne doivent pas m’envahir, puisque tout va bien. Je suis restée à Paris, chez moi, je me suis levée à l’heure habituelle. Dans ce cas, la fatigue est dans la tête et non dans le corps.

Les deux matins, je me suis fait ce que j’appelle des « crises de ménage ». Par chance pour Guilhem, en grande maniaque, le ménage est mon exutoire. Quand tout va bien il me rend encore plus libérée une fois que tout est propre est bien rangé, et quand tout va mal, il me sert de séance de psy. Nettoyer son intérieur, c’est nettoyer son esprit. Laver les contrariétés. Ranger son appart’ pour ranger dans sa tête. Voici comment je considère le ménage. Une thérapie plutôt utile, économique et pratique…
Alors voila, jeudi et vendredi j’ai tout lavé de fond en comble, j’ai rangé, j’ai aussi pris le temps de profiter de mon intérieur après. Je suis sortie déjeuner, j’ai redécouvert Paris en pleine journée, quand le métro est appréciable et qu’on réalise le plaisir simple de vivre à contre temps. Poser des jours pour se recentrer dans son quotidien, c’est parfois indispensable.

Et puis hier j’ai appris la maladie de quelqu’un, et j’ai réalisé : « j’ai posé deux jours parce que j’étais stressée alors que tout va bien. » C’est fou, quand même. Le burn out, le trop plein, la vie trop rapide, tels sont les problèmes de notre époque dans lesquels je plonge totalement.

Il n’y a rien de « grave » dans ma vie, il n’y a pas d’urgence, je dois me le répéter pour décompresser et surtout, relativiser. J’espère dire non plus souvent, profiter un peu plus, me retrouver un peu plus souvent face à moi-même, me détendre, peut-être reprendre le running en parallèle de la piscine. Parce qu’au fond, même si la piscine me vide la tête, la vitesse et la sensation de liberté quand on court me manque, je crois. En lisant le livre d’épanouissement personnel de la blogueuse Margot du blog « Youmakefashion », je suis tombée sur des conseils simples et évidents qu’il nous arrive d’oublier, dont un : « quand ça ne va pas, regarder autour de soi, observer sa vie, en être heureux, réaliser qu’on a de la chance. »
Accorder de l’importance à l’essentiel, ne pas être gentil mais être vrai, se dire qu’il n’y a rien de grave, tant qu’il n’y a vraiment rien de grave. Voila ce qu’il faut se répéter au quotidien.

 

 

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