« Vous n’aurez pas ma haine » : que doit-on en penser ?

Quand Antoine Leiris a publié cette lettre sur sa page Facebook, j’ai – comme tout le monde – été bouleversée. Ces événements tragiques forcent plus que jamais à l’empathie et m’imaginer à sa place m’a été insupportable.
Lorsque j’ai appris la sortie du livre, j’ai au départ été émue, j’ai trouvé le geste beau. Je pensais qu’il ne s’agissait que de la publication de sa lettre aux terroristes. Puis, voyant que le livre narrait son quotidien, l’après, je me suis demandée pourquoi. Pourquoi sortir un livre si dur ? J’ai observé les réactions sur les réseaux, notamment sur Twitter, où les twittos médisants allaient jusqu’à dire qu’Antoine Leiris se faisait de l’argent sur la mort de sa femme. Le genre de réaction que chaque « livre témoignage » suscite et j’avoue ne pas comprendre : quand on vit un moment difficile, on peut parfois éprouver ce besoin d’écrire. Certains le conservent dans un coin, d’autres le publient pour partager une expérience et pourquoi pas servir à quelque chose dans la sociét, laisser une trace.

Dans tous les cas, je ne souhaitais pas acheter « Vous n’aurez pas ma haine ». Suite au 13 novembre j’éprouve pourtant un besoin de savoir, de tout savoir, d’en parler, de regarder les émissions sur le sujet, de lire des témoignages. Mais le livre était trop. C’est après avoir écouté Antoine Leiris chez Ruquier dans « On n’est pas couché » que j’ai changé d’avis.
D’après les chroniqueurs, son livre n’est qu’un livre d’amour, sans violence. Le lendemain, j’achète « Vous n’aurez pas ma haine » et le lis d’une traite.
Une heure. Une heure d’amour fort, sans aucun détail sur les événements ni sur les terroristes. Tout est basé sur le quotidien d’un homme qui a perdu sa femme et qui tente de s’en sortir avec son fils. On y retrouve les premières étapes du deuil, les perceptions, les réactions de l’entourage, les envies d’être seul et de se débrouiller seul alors que tout le monde s’impose, par simple gentillesse et naturel, juste pour aider.
Cette lecture a été une heure remplie de preuves d’amour, tout en poésie, tout en jolies métaphores. Le livre est simplicité et vérité. On finit en pleur, mais ce sont des larmes nées de la beauté des mots. Parce qu’Antoine Leiris a un vrai talent pour l’écriture. Ce sont souvent des chocs que viennent les révélations. L’écriture le titillait, mais il n’y arrivait pas. Écrire sur son histoire, sa famille, son amour l’a comme débloqué. Quelque part, avec ce livre dans lequel il laisse parler son coeur, Antoine Leiris s’est découvert écrivain. Un écrivain délicat et pudique qui accorde une réelle importance aux mots, à leur signification et leur beauté. Finalement c’est peut-être la raison première pour laquelle j’ai souhaité acheter son livre… Et si pour beaucoup, lire ou entendre quoi que ce soit sur le 13 novembre est difficile, ce livre n’est pas un livre sur les faits, mais bien un livre sur l’amour qui donne envie d’aimer encore plus fort.

 

 

– DR © Guilhem Cadoret & Katia Fache –

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