Pleurer, évacuer et se tourner vers la vie.

Pour évacuer, j’ai eu envie de faire un long billet sur mon blog. Pas tout de suite, mais dimanche. Dimanche, on commençait à reprendre des forces et à retrouver le courage de sortir. Pour eux. J’ai voulu extérioriser mes angoisses en écrivant. J’ai écrit un post que j’ai laissé dans mes brouillons avant de l’effacer.

J’avais envie de raconter mon vécu, où j’étais au moment des faits, ce que j’ai ressenti, toutes les émotions si vives qui défilent en un week-end. J’avais envie de parler de l’absurdité d’envisager la mort à même pas 30 ans. J’avais envie de parler de ces gens. Des inconnus et des personnes que je connais dont la vie est brisée à tout jamais. Ou du moins, elle ne sera plus jamais la même. J’avais envie de parler de ma sœur qui habite à Saint-Denis, où l’explosion a réveillé ses enfants. On raconte quoi à un enfant de trois ans quand une explosion retentit et qu’ensuite les hélicos envahissent le quartier ? Chez ma sœur, la télé n’a pas été allumée du week-end et on a simplement raconté à Louis que des méchants avaient tué des gentils et que la police les recherchait. Il a alors pris sa trousse de docteur, disant qu’il voulait aider. La douce innocence… J’avais envie de parler de mon amie qui vient d’accoucher. J’ai été soulagée pour elle qu’elle mette au monde son bébé 3 jours avant l’horreur, dans un bonheur et une sérénité sans faille.

Ressasser tout ça, ça fait du mal et ça fait du bien. Chacun réagit différemment en fonction de son histoire, de sa sensibilité, de sa personnalité. Je ne publierai pas mon billet car au fond, je le trouve trop personnel et je suis trop pudique. L’écrire m’a fait du bien, le publier n’apporterait rien de plus. Mais je voulais laisser une trace ici, pour marquer comme une rupture. Il y a l’avant et l’après. L’après, c’est le choc qui se transforme en force et en rage de vivre. La volonté de profiter de la vie plus que jamais. On continue. Ça fait mal, mais on continue.

Il faut se tourner vers la vie, vers le bonheur, et avancer. Avancer quoi qu’il arrive, avancer même si c’est dur et angoissant. Et injuste aussi.

Aujourd’hui je porte mon sweat « Paris, Town Of Love ». Un sweat acheté sur un coup de tête chez ZARA il y a deux ans, un sweat dont je ne soupçonnais pas l’importance du message.

Mes pensées vont aux victimes, aux familles, aux proches.

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